Pompe à chaleur eau-eau en Franche-Comté : quand la nappe le permet

Une pompe à chaleur eau-eau tire sa chaleur d'une eau souterraine ou de surface, à la différence des machines qui puisent dans l'air. La Franche-Comté réunit des situations très différentes selon l'endroit où l'on se trouve. Les alluvions du Doubs, de l'Ognon et de la Saône, et plus encore la nappe de la Bresse dans le fossé bressan, comptent parmi les meilleures ressources de la région. À l'inverse, le massif jurassien karstique et les Vosges cristallines rendent la ressource incertaine ou insuffisante, ce qui impose de raisonner secteur par secteur avant tout projet.

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Le principe d'une installation aquathermique

Une pompe à chaleur eau-eau utilise un fluide frigorigène pour transférer la chaleur d'une eau souterraine ou superficielle vers le circuit de chauffage du logement. La température d'une nappe se maintient entre 11 et 14 degrés toute l'année, ce qui donne un coefficient de performance de 4 à 6, stable même lors des vagues de froid les plus sévères que connaît la région en hiver. Cette stabilité contraste avec les machines aérothermiques, dont le rendement diminue justement quand les besoins de chauffage augmentent. Sur une saison complète, c'est cette constance qui pèse le plus dans le bilan énergétique d'un logement, bien davantage que la puissance affichée sur une fiche produit.

Les démarches avant de forer

Tout forage destiné à alimenter une pompe à chaleur doit être déclaré en mairie au titre du code général des collectivités territoriales. Selon le volume prélevé, le projet peut relever de la nomenclature loi sur l'eau, en déclaration ou en autorisation. Les ouvrages de faible profondeur et de puissance limitée entrent le plus souvent dans le régime de la géothermie de minime importance, avec une télédéclaration préalable. Deux vérifications s'imposent en amont dans cette région : l'absence de périmètre de protection de captage d'eau potable, et l'absence de classement en zone de déficit quantitatif au titre du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux, une question qui se pose notamment dans certains secteurs agricoles du fossé bressan.

Un territoire aux ressources contrastées

Le fossé bressan, à l'ouest de la région, abrite une nappe alluviale reconnue pour sa productivité, alimentée par des dépôts sédimentaires accumulés sur plusieurs dizaines de mètres et régulièrement sollicitée pour l'alimentation en eau potable comme pour l'irrigation. Les vallées du Doubs, de l'Ognon et de la Saône présentent également des alluvions favorables, avec des débits qui permettent souvent d'envisager un doublet de forages classique dans de bonnes conditions techniques et économiques. Le massif jurassien, en revanche, repose sur un calcaire entièrement karstifié, où l'eau circule dans des réseaux de fissures et de conduits qui rendent les débits très variables d'une saison à l'autre et parfois d'une semaine à l'autre, au point qu'un même forage peut se révéler généreux au printemps et quasiment à sec en fin d'été. Les Vosges cristallines, à l'est du territoire, présentent un socle granitique peu favorable où seules de faibles circulations de fissures sont accessibles, ce qui limite fortement les débits mobilisables.

Le captage sur nappe alluviale

Dans les secteurs alluviaux favorables, l'installation repose sur un doublet de forages : un puits de pompage et un puits de réinjection distants de quinze à trente mètres, positionné en aval du sens d'écoulement pour éviter tout court-circuit thermique.On compte de 200 à 250 litres horaires par kilowatt de puissance, ce qui porte à deux mètres cubes par heure le besoin d'une maison de dix kilowatts. Un essai de pompage réalisé en fin d'été reste la meilleure garantie que la nappe soutiendra ce débit toute l'année, y compris pendant les périodes sèches que connaît régulièrement la Bresse, où les prélèvements agricoles concurrencent parfois ceux destinés au chauffage.

Qualité de l'eau et suivi de l'installation

Une analyse d'eau précède toute décision de captage. Le fer et le manganèse, présents dans certaines nappes alluviales, précipitent au contact de l'air et colmatent progressivement l'échangeur ainsi que le puits de réinjection.Si les valeurs l'imposent, un échangeur intermédiaire en inox ou en titane interpose une barrière entre l'eau de nappe et la pompe à chaleur et évite son remplacement prématuré. Un contrôle annuel du débit, de la pression et des crépines maintient ensuite le rendement de l'installation dans la durée, et permet de repérer un colmatage naissant avant qu'il n'affecte le confort du logement.

Prix d'une pompe à chaleur eau-eau

Le budget d'une installation aquathermique complète se situe entre 15 000 et 25 000 euros, forages compris, la machine représentant moins de la moitié de ce montant. Le prix du mètre foré tourne autour de 100 à 150 euros, avec des profondeurs qui varient fortement entre les alluvions bressanes et un contexte jurassien plus incertain, où il faut parfois pousser le forage plus loin pour atteindre un débit exploitable. Ce surcoût se compense par la stabilité du coefficient de performance en hiver, un atout particulièrement net dans une région aux hivers rigoureux.Le soutien public et le taux de TVA allégé exigent une entreprise titulaire de la qualification RGE, laquelle demeure de toute façon indispensable au dimensionnement et à la mise en service.

Sélection d'installateurs de pompes à chaleur eau-eau en Franche-Comté

Basée à Besançon, Francenergies réalise la pose de pompes à chaleur chez les particuliers, aux côtés d'autres équipements liés à l'énergie, avec les compétences nécessaires au dimensionnement d'une installation raccordée à un forage.

Besançon Géothermie, basée à Châtillon-le-Duc, prend en charge l'étude, la mise en place et l'entretien de systèmes de chauffage et de rafraîchissement, une activité qui recouvre l'analyse préalable indispensable à un projet sur nappe.

DAVAL exerce depuis Besançon et réalise la pose de pompes à chaleur pour des projets de chauffage résidentiel, avec des compétences hydrauliques transposables au raccordement d'un doublet de forages.

À Besançon, Moyse 3D intervient dans la rénovation énergétique des logements, avec une analyse de projet et un suivi technique, et des chantiers également suivis à Dole, secteur où les alluvions du Doubs peuvent ouvrir la voie à une solution eau-eau.

Zones couvertes

Les principales communes citées en Franche-Comté sont Besançon, Montbéliard et Pontarlier dans le Doubs, Belfort dans le Territoire de Belfort, Vesoul en Haute-Saône, ainsi que Dole et Lons-le-Saunier dans le Jura.